L’association corse Wany the Pooh a acheminé une équipe et son matériel spécialisé sur le continent pour participer au sauvetage des animaux piégés par les flammes.
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Alors que les incendies continuent de ravager les Pyrénées-Orientales, l’association corse Wany the Pooh a dépêché une équipe sur le Continent avec un équipement unique en France. Grâce à ses jumelles thermiques, elle participe aux opérations de sauvetage des animaux piégés par les flammes aux côtés des services de secours.
Alors que les incendies ravagent les Pyrénées-Orientales depuis samedi, l’association corse Wany the Pooh a acheminé une équipe et son matériel spécialisé sur le continent pour participer au sauvetage des animaux piégés par les flammes. Parmi les équipements embarqués figurent des jumelles thermiques, uniques en France, capables de repérer la faune jusque dans les zones encore brûlantes. Plus de 450 bénévoles de l’association sont aujourd’hui mobilisés en Occitanie.
Alertée après une demande du préfet des Pyrénées-Orientales, l’équipe corse a embarqué dès samedi soir pour rejoindre le continent. L’association intervenait déjà dans l’Aude et l’Hérault avant d’être redéployée vers ce nouveau foyer.
À leur arrivée, 117 animaux avaient déjà été secourus dans le département, mais plus de 400 demandes d’intervention restaient en attente. Les bénévoles ont commencé leurs opérations dans trois des communes évacuées, tandis que deux autres devaient être prises en charge dans les heures suivantes.
Des jumelles thermiques uniques en France
L’association a traversé la Méditerranée avec un équipement particulièrement précieux : des jumelles thermiques d’une valeur supérieure à 7 000 euros. Elles permettent de détecter les animaux invisibles à l’œil nu, même lorsque le sol et les troncs d’arbres conservent une forte chaleur après le passage des flammes.
Selon Wany the Pooh, elle est aujourd’hui la seule structure française à disposer de ce matériel et à former ses bénévoles à son utilisation.
Les équipes disposent également de filets renforcés pour capturer de grands animaux ainsi que d’un système GPS permettant de géolocaliser chaque intervention.
Un matériel entièrement basé en Corse
Créée en mai 2023 par Marine Laullon et Romain Bareyt, l’association compte aujourd’hui 57 bénévoles en Corse et près de 1 880 à l’échelle nationale.
Faute de moyens, elle ne possède toutefois aucun local sur le continent. L’ensemble du matériel est entreposé à Lucciana, tandis que les équipes de Loire-Atlantique, d’Occitanie, de Nouvelle-Aquitaine et de Provence-Alpes-Côte d’Azur disposent uniquement de kits de capture plus légers.
Des difficultés financières persistantes
Malgré l’ampleur de ses interventions, l’association indique ne bénéficier d’aucune subvention.
« On est refusés de partout, même des fondations Brigitte Bardot ou 30 Millions d’Amis , explique Marine Laullon, présidente et cofondatrice.
Le coût des traversées en ferry représente à lui seul plus de 5 000 euros par an. Pour financer la mission actuelle en Occitanie, la responsable affirme avoir avancé 1 700 euros sur ses fonds personnels et estime avoir versé plus de 25 000 euros à l’association depuis sa création.
Plusieurs entreprises insulaires apportent néanmoins leur soutien. Corsic’Aliment a fourni 114 kilos de croquettes destinées aux animaux pris en charge durant cette mission. La Corsica approvisionne les bénévoles en boissons, tandis que Corsica Box assure le stockage du matériel.
Une chaîne de secours jusqu’aux soins
Chiens, chats, chevaux, bovins, moutons, volailles ou encore animaux sauvages : toutes les espèces peuvent être prises en charge par les équipes.
Les animaux domestiques sont restitués à leurs propriétaires lorsque cela est possible ou confiés temporairement à un refuge. La faune sauvage est orientée vers le centre corse U Pettirossu ou vers les structures partenaires sur le continent. L’association travaille également avec un réseau de 650 vétérinaires mobilisables en cas d’urgence.
Chaque intervention reste toutefois soumise à l’autorisation des autorités locales.
« Tant qu’on n’a pas les autorisations du maire ou du préfet, on ne peut pas déclencher nos équipes « ,
rappelle Marine Laullon.
Une fois le feu vert obtenu, les bénévoles interviennent aux côtés de la Sécurité civile et des services départementaux d’incendie et de secours.
- CORSE MATIN



