Lauriane Sanchis Publié 28/07/2026
Incendies: les animaux vont payer un lourd tribut
Les différents feux qui sévissent en France ont brûlé 98’000 hectares. Le bilan pour la faune sera «catastrophique». On fait le point avec une spécialiste.
Le nombre d’animaux tués ou blessés par les incendies de cet été n’est pas encore connu, mais il sera très important.
Robyn Beck/AFP
En bref:
Le bilan pour la faune sauvage sera «catastrophique», selon les autorités françaises.
Les petits animaux comme les reptiles manquent de vitesse pour échapper aux flammes.
Les mères sont particulièrement vulnérables, restant auprès de leurs petits jusqu’au bout.
Depuis plusieurs jours, une partie de la France vit en plein chaos causé par les flammes. Les différents incendies qui sévissent ont dévasté 98’000 hectares. Près de 200’000 personnes ont dû être évacuées. Les soldats du feu luttent quotidiennement, certains jusqu’à donner leur vie… Le bilan humain et matériel est désastreux.
- Mais il y a aussi ces victimes silencieuses, celles dont on parle peu. Il y a bien des images qui ont fait le tour des réseaux sociaux, comme celle de ce chevreuil qui s’échappe des flammes avant de se faire arroser par l’eau salvatrice des pompiers. Celui-ci semble avoir eu de la chance. Mais combien d’autres ne sont pas parvenus à trouver une issue dans ce brasier infernal? Quelles seront les conséquences liées à la destruction de leur habitat naturel?
Des dégâts catastrophiques
- Les spécialistes de la faune sont inquiets. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a annoncé lundi que l’ampleur exacte des dégâts sur la faune sauvage n’était pas encore connue, mais que les chiffres allaient «être catastrophiques».
trice de l’association Wany the Pooh, abonde dans le même sens: «À ce jour, nous n’avons pas encore eu le temps de faire le bilan, mais ce qu’il faut savoir, c’est que les animaux retrouvés représentent seulement une infime partie des victimes.» Beaucoup disparaissent dans les flammes sans laisser de trace.
- Les conséquences de ces incendies ne se limitent d’ailleurs pas à la période où le feu est actif. «Les animaux survivants doivent ensuite retrouver de l’eau, de la nourriture et des abris dans un environnement totalement bouleversé. Beaucoup quittent leur territoire, ce qui entraîne une forte pression sur les secteurs voisins.» D’après la présidente de Wany the Pooh, certains individus pourraient en subir les effets plusieurs années après ces sinistres.
Peu de possibilités de fuite
- Selon Marine Laullon, au cours de ce type d’incendies, aucune espèce n’est réellement épargnée. «Les grands mammifères ne parviennent pas toujours à fuir. Beaucoup sont piégés par la vitesse de propagation des flammes ou intoxiqués par les fumées.» Les plus petits animaux, comme les hérissons, les reptiles ou les amphibiens, ne sont pas assez rapides et ont ainsi très peu de chance d’échapper au feu.
Nous constatons que les mères sont particulièrement vulnérables. Chez les oiseaux, beaucoup restent sur le nid pour protéger leurs œufs ou leurs petits jusqu’au dernier instant. Chez les mammifères, les femelles effectuent parfois plusieurs allers-retours pour sauver leurs jeunes et finissent elles-mêmes piégées.» D’autres animaux ont le réflexe de se réfugier dans leur terrier. Un instinct qui leur est souvent fatal, car, d’après la spécialiste, «les terriers ne protègent pas toujours» et il arrive régulièrement qu’on y retrouve des animaux morts asphyxiés, sans brûlures apparentes
Que cela soit pour les incendies de Gironde ou ceux des Pyrénées-Orientales, Wany the Pooh dresse un triste constat: les chats sont les principales victimes du feu. «Ils représentent à eux seuls 76% des urgences vétérinaires vitales que nous avons prises en charge. Leur comportement explique en partie cette surreprésentation. Face au danger, beaucoup se cachent dans les habitations, les garages, les caves ou la végétation dense, ce qui les expose davantage aux fumées et aux flammes.»
Aider à son échelle
- La détresse de la faune sauvage laisse difficilement insensible. Mais comment agir et aider concrètement? «La première règle est de ne pas intervenir sans connaissance ni matériel adapté. Même la meilleure volonté du monde peut malheureusement condamner un animal ou se mettre personnellement en danger.» Si l’on se retrouve face à un animal blessé ou en difficulté, Marine Laullon conseille de contacter rapidement les pompiers ou une structure spécialisée et de sécuriser les lieux.
- Il est également possible d’agir à son échelle en participant aux collectes de matériel ou de nourriture, en accueillant temporairement des animaux domestiques sinistrés ou en soutenant des structures spécialisées qui interviennent sur le terrain


